Emmener ses kids voir les grues cendrées, en Camargue

Mode : vélo
Villes :
Avignon ; Arles
Région :
PACA

Cédric était seul pour le week-end avec ses deux fistons de 5 et 7 ans, Marin et Victor. Il nous a appelés, nous a challengés : « on se ferait pas quelque chose dehors ? ». En plein mois de décembre, à l’heure où les enfants font la tournée des pères Noël dans les centres commerciaux clignotants, on a proposé d’aller observer les grues cendrées en Camargue, de passage pendant leur grande aventure migratoire. 2 jours, 120 kilomètres de vélo. « Génial, les garçons n’ont jamais fait plus de 10 bornes à vélo, mais ça va le faire, on vous suit ! ». Cédric a la confiance excessive, et cette capacité de croire que l’envie est le point de départ de tout. Le reste suivra.

S’en suivent 48h d’organisation sous haute tension : loueur de carriole repéré à Avignon ; corde de remorquage achetée, paires de jumelles récupérées chez les voisins, planches d’oiseaux à observer imprimées, points de chute pour les nuits (froides) réservées. Parés.

 

 

Rendez-vous à Avignon le vendredi matin. On s’harnache, on prépare les biscuits-réconfortants, les gants et les coupe-vents. Une expédition aux allures de bout du monde avec ses marais balayés par le vent, ses chevaux et taureaux sauvages, cette immensité désertée en saison décalée. 20 min de TER ; on enfourche nos montures à Arles, le cœur et les mollets plein d’allant. Gentils moulinages ; fausses courses entre père et fils ; pauses pipi et observation d’animaux en fil rouge. Héron droit devant, taureaux sur la droite, escadrille en V de grues cendrées au-dessus de nos têtes. « Marin, essaye de plus regarder la route devant toi, tu roules pas droit là ». Et pour tenir la distance, les deux frangins alternent : 7 km de vélo, 7 km dans la carriole, et ainsi de suite. La fatigue de l’un tend le relais à l’impatience de l’autre.

17h, le soleil rasant peint les roseaux et le ciel d’un rose-orangé enveloppant. Salins en vue, saupoudrés de flamands roses. C’est l’heure du bac pour traverser le Rhône et dormir à Port-Saint-Louis. Notre belle équipée attire les regards. Amusée ou outrée, l’assistance est partagée : «…avec des enfants.. ? ?! si jeunes.. ?! en plein hiver... ?! ». Vous reprendrez bien une pincée de sel camarguais, paraît que ça réduit l’amertume.

 


Le lendemain, l’itinéraire est tout autre. 20 kilomètres pour traverser le delta du Rhône sur une valeureuse piste, seule au milieu des étangs. La déconnexion est totale. Quand le vent entame son chant et que les petites jambes commencent à faiblir, on sort l’élastique pour tracter nos apprentis aventuriers, toujours absorbés par l’observation.

Pique-nique au phare de La Gacholle. Le moral des troupes est au plus haut et le restera jusqu’à notre retour à Arles. Au moment de rentrer, on s’étreint franchement et joyeusement, comme dans un meeting où la foule se soulèverait au slogan : « L’important c’est d’y croire ! »

 

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Protagonistes : Marin, Victor, Cédric, Raphaël et Amélie
Edito : Amélie Deloffre
Photos : Amélie Deloffre
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